ALERTE 28/05/2026
ALERTE 13/11/2024
L’Observatoire salue la décision de l’ONU exigeant la libération immédiate de l’avocat Anacleto Micha Ndong Nlang
28 mai 2026
L’Observatoire salue la décision du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (GTDA), qui a déclaré arbitraire la détention de l’avocat et défenseur des droits humains équato-guinéen Anacleto Micha Ndong Nlang et a exigé sa libération immédiate, ainsi qu’une réparation intégrale pour les violations subies[1].
Cette décision fait suite à une requête déposée par la Human Rights Foundation (HRF), qui avait dénoncé la détention d’Anacleto Micha Ndong Nlang après les dénonciations publiques qu’il avait faites concernant des actes de torture et des mauvais traitements subis lors d’une détention antérieure.
Selon les informations diffusées par la HRF, l’avocat est détenu au secret depuis mars 2024 et aurait été transféré à la prison de haute sécurité d’Oveng Azem, connue pour ses conditions de détention très dures et pour accueillir des prisonniers politiques.
L’Observatoire rappelle que la détention d’Anacleto Micha Ndong Nlang constitue une mesure de représailles directe en raison de son travail d’avocat et défenseur des droits humains, ainsi que pour avoir dénoncé publiquement des actes de torture commis par des agents de l’État.
L’Observatoire exhorte les autorités de Guinée équatoriale à libérer immédiatement et sans condition Anacleto Micha Ndong Nlang ; à fournir sans délai des informations sur sa situation et le lieu exact de sa détention ; à lui garantir l’accès à sa famille, à ses avocats et à des soins médicaux indépendants ; et à mettre fin à tout acte d’intimidation, de représailles ou de persécution à l’encontre des avocats et des défenseurs des droits de l’homme.
De même, l’Observatoire exige l’ouverture d’une enquête indépendante, impartiale et effective sur les allégations de torture et de mauvais traitements subis par l’avocat, conformément aux obligations internationales assumées par la Guinée équatoriale en vertu de la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
L’Observatoire rappelle en outre que les autorités équato-guinéennes doivent respecter pleinement les Principes de base des Nations Unies relatifs au rôle des avocats (Principes de La Havane), qui garantissent que les avocats puissent exercer leurs fonctions professionnelles sans intimidation, obstacle, harcèlement ni ingérence indue.
L’Observatoire lance également un appel urgent à la communauté internationale, aux mécanismes régionaux et internationaux de défense des droits humains, aux organisations de la société civile et aux représentations diplomatiques présentes en Guinée équatoriale afin qu’elles intensifient la mobilisation et la pression internationale en vue d’obtenir la libération immédiate d’Anacleto Micha Ndong Nlang et de garantir son intégrité physique et psychologique.
Voir la vidéo sur l’affaire :
https://youtu.be/ePzUiDlsMng?si=7NsoFwwyt13RXUDz
[1] https://www.ohchr.org/sites/default/files/documents/issues/detention-wg/opinions/sessions104/a-hrc-wgad-2025-70.pdf
13 novembre 2024
Anacleto Micha Ndong Nlang est avocat et militant des droits humains équatoguinéen et membre de la plateforme Guinea Ecuatorial También Es Nuestra (« La Guinée équatoriale est aussi la nôtre »). Victime de torture avant son arrestation en janvier 2024, son lieu de détention est inaccessible à sa famille et à ses avocats.
Anacleto Micha Ndong Nlang a été arrêté en septembre 2022, alors qu’il venait en aide avec de la nourriture et de l’eau aux membres du parti d’opposition Ciudadanos por la Innovación (Citoyens pour l’innovation) qui étaient assiégés par la police. Accusé d ‘« insulte au gouvernement, rassemblement illégal, atteinte à la sécurité », l’avocate a été transféré à la prison de Black Beach et n’a été libéré qu’en juin 2023, après 271 jours sans avoir pu contacter sa famille.
En septembre 2023, l’avocat a déposé une plainte pour enlèvement, coups et blessures, menaces de mort, vol à main armée, torture psychologique et physique, traitements cruels et inhumains, fausses accusations, détention illégale, privation de liberté et de communication, contre un groupe de personnes incluant son tortionnaire présumé, le Sergent Emiliano Nve Eyama, qui travaille à la prison de Black Beach.
En décembre 2023, Ndong Nlang a été convoqué par la police. L’avocat a refusé l’ordre de faire une vidéo réfutant sa plainte et a été détenu in situ pendant 4 jours sans charge retenue à son encontre.
L’avocat a été brutalement arrêté le 26 janvier 2024. Les forces de polices l’ont retenu 33 jours au poste sans l’informer des faits qui lui étaient reprochés. Ce n’est qu’en mars 2024 qu’Anacleto Micha Ndong Nlang a appris que son arrestation était liée à sa plainte contre le Sergent Emiliano Nve Eyana. Il a à nouveau été transféré à la prison de Black Beach, où travaille le Sergent.
Le ministère de la Justice avait initialement autorisé les visites de la part de ses avocats et d’activistes, mais Anacleto Micha Ndong Nlang a disparu de la prison en avril 2024. Ce n’est que lorsque certains activistes incarcérés avec l’avocat ont été libérés qu’ils ont indiqué qu’Anacleto Micha Ndong Nlang était incarcéré à la prison de haute sécurité d’Oveng Azem à Mongomo.
L’Observatoire condamne avec la plus grande fermeté la détention arbitraire de Anacleto Micha Ndong Nlang pour avoir dénoncé des actes de torture perpétrés par un agent de l’État.
L’Observatoire exhorte les autorités équatoguinéennes à libérer immédiatement et sans conditions l’avocat, estimant que cette détention arbitraire vise à le réduire au silence et à dissuader d’autres avocats de dénoncer les violations des droits humains commises par des agents de l’État.
L’Observatoire demande instamment l’ouverture d’une enquête impartiale et transparente sur les accusations de torture évoquées par Anacleto Micha Ndong Nlang, conformément aux obligations de l’État en matière de prévention et de sanction des actes de torture, ainsi qu’à son devoir de protéger ceux qui dénoncent ces violations.
L’Observatoire rappelle que, conformément aux principes de base des Nations Unies relatifs au rôle du Barreau, notamment les principes 16, 17 et 23 :
« Les pouvoirs publics veillent à ce que les avocats a) puissent s’acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue; (…). » (Principe 16)
« Lorsque la sécurité des avocats est menacée dans l’exercice de leurs fonctions, ils doivent être protégés comme il convient par les autorités. » (Principe 17)
« Les avocats, comme tous les autres citoyens, doivent jouir de la liberté d’expression, de croyance, d’association et de réunion. En particulier, ils ont le droit de prendre part à des discussions publiques portant sur le droit, l’administration de la justice et la promotion et la protection des droits de l’homme et d’adhérer à des organisations locales, nationales ou internationales ». (Principe 23)