ALERTE 10/12/2025
ALERTE 15/03/2024
10 décembre 2025
L’OIAD exprime sa profonde inquiétude et sa consternation à la suite du décès suspect de Me Khosrow Alikordi, dont le corps a été retrouvé dans son bureau à Mashhad le 6 décembre 2025.
Selon Iran Human Rights (IHRNGO) et le Comité de soutien aux droits de l’Homme en Iran (CSDHI), le corps de l’avocat présentait des traces de contusions, un traumatisme crânien et du sang au niveau du nez et de la bouche, éléments incompatibles avec la version officielle invoquant une « crise cardiaque ».
Les seize caméras de surveillance du bureau ont été saisies par les forces de sécurité, et la famille de l’avocat s’est vu refuser l’accès aux enregistrements.
À 45 ans, Me Alikordi était notamment l’avocat de la famille d’Abolfazl Adinehzadeh, adolescent de 16 ans tué durant les manifestations de 2022. Il avait déjà fait l’objet d’une arrestation et d’une condamnation à un an de prison, ainsi que des mesures restrictives complémentaires, en raison de l’exercice de son activité professionnelle.
Son engagement auprès des manifestants du mouvement « Femme, Vie, Liberté » et de nombreux détenus politiques avait fait de lui une cible des autorités. L’Observatoire souligne que M. Alikordi représentait également plusieurs autres familles en quête de justice liées au mouvement, notamment celles de Fatemeh Sepehri et d’Erfan Rezaei, ce qui l’exposait davantage à des pressions et à des représailles.
Avant sa mort, M. Alikordi avait officiellement alerté la Mission d’enquête des Nations unies, signalant des menaces répétées et demandant une protection urgente en tant qu’avocat en danger. Ses avertissements prennent aujourd’hui une signification tragique.
Plusieurs militants, avocats et prisonniers politiques ont qualifié sa mort d’« assassinat d’État ». L’avocat Javad Alikordi, frère de M. Alikordi a été convoqué par le tribunal révolutionnaire de Mashhad seulement quatre jours après l’enterrement, ce qui illustre la pression continue exercée sur les avocats et leurs familles.
Le décès de Me Alikordi intervient alors que les avocats et militants des droits humains subissent une répression accrue en Iran. Cette répression a été dénoncée à l’occasion de la Journée mondiale de l’avocat en danger, le 24 janvier 2024.
Le 9 décembre 2025, le département d’État américain a également qualifié sa mort de suspecte et condamné le comportement des autorités iraniennes, ajoutant ainsi à l’inquiétude croissante de la communauté internationale.
L’International Bar Association’s Human Rights Institute a récemment publié un rapport (soutenu par l’OIAD) qui traite des risques auxquels sont confrontés les avocats iraniens, notamment ceux illustrés par cette affaire.
Face à l’absence totale de transparence, à la confiscation des preuves et aux contradictions des autorités, l’Observatoire exige la restitution intégrale et immédiate des enregistrements de vidéosurveillance à la famille de Me Alikordi.
L’Observatoire exprime ses plus sincères condoléances à la famille de Me Khosrow Alikordi et à ses confrères et consœurs.
L’Observatoire avertit les autorités iraniennes qu’aucune pression ou procédure abusive visant l’avocat Javad Alikordi ne saurait être tolérée et fera l’objet d’une attention internationale particulière.
L’Observatoire soutient pleinement la résolution adoptée par le Conseil de l’Ordre du Barreau de Paris, qui s’appuie sur les informations communiquées par les acteurs de la société civile et reflète la mobilisation de la communauté juridique en France et à l’étranger.
L’Observatoire appelle à la conduite d’une enquête internationale indépendante afin de déterminer les circonstances de la mort de l’avocat ainsi que faire cesser les représailles visant les avocats iraniens.
L’Observatoire rappelle aux autorités iraniennes leur devoir de se conformer aux normes internationales, notamment les Principes de base des Nations Unies relatifs au rôle du Barreau.
L’Observatoire poursuivra sa surveillance étroite de la situation et réaffirme son soutien plein et entier à la famille de Me Alikordi et à l’ensemble des avocats iraniens menacés pour avoir exercé leur mission de défense.
La première section du tribunal révolutionnaire a prononcé une peine d’un an de prison, deux ans d’exil, deux ans d’interdiction de voyager, deux ans d’interdiction d’exercer la profession d’avocat, et deux ans d’interdiction d’être présent sur Internet à l’encontre de Khosrow Alikordi.
Khosrow Alikordi est l’avocat de la famille d’Abolfazl Adiehzadeh, tué par les forces de sécurité à l’âge de 16 ans au cours des manifestations nationales en octobre 2022. Depuis sa mort, sa famille ne cesse de subir les pressions du gouvernement iranien. En juin 2023, son père et sa sœur ont été inculpés de « propagande antigouvernementale » pour avoir dénoncé la mort de l’adolescent. Par la suite, Me Alikordi a été arrêté en août 2023, avant d’être libéré sous caution 4 jours plus tard.
Alikordi a défendu plusieurs détenus politiques et leurs proches, ce qui l’a exposé à de multiples pressions de la part des autorités gouvernementales iraniennes. En outre, la troisième section de la cour pénale de Mashhad l’a condamné à payer une amende de 21 millions de rials iraniens (45360€) pour « diffamation ».
Khosrow Alikordi s’inscrit dans la lignée des avocats, médecins et activistes ayant signé une lettre conjointe demandant à la République islamique d’Iran de libérer un médecin qui a été incarcéré pour avoir soigné des manifestants.
L’Observatoire condamne fermement les pressions exercées par la République islamique d’Iran sur Me Alikordi et ses clients.
L’Observatoire dénonce vivement les condamnations répétées des défenseurs des droits des prisonniers politiques en Iran.
L’Observatoire exhorte les autorités iraniennes à mettre un terme aux harcèlements dirigés contre Me Alikordi.
L’Observatoire rappelle que, conformément aux principes de base des Nations Unies relatifs au rôle du Barreau, notamment les principes 16, 18, 23 et 27 :
Principe 16 : « Les pouvoirs publics veillent à ce que les avocats a) puissent s’acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue ; »
Principe 18 : « Les avocats ne doivent pas être assimilés à leurs clients ou à la cause de leurs clients du fait de l’exercice de leurs fonctions. »
Principe 23 : « Les avocats, comme tous les autres citoyens, doivent jouir de la liberté d’expression, de croyance, d’association et de réunion. En particulier, ils ont le droit de prendre part à des discussions publiques portant sur le droit, l’administration de la justice et la promotion et la protection des droits de l’homme et d’adhérer à des organisations locales, nationales ou internationales ».
Principe 27 : « Les accusations ou plaintes portées contre des avocats dans l’exercice de leurs fonctions sont examinées avec diligence et équité selon les procédures appropriées. Tout avocat a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement et peut être assisté par un avocat de son choix. »