Soudan : Poursuites judiciaires contre Me Rehab Mubarak

20 avril 2026

 

L’OIAD est très inquiété par l’engagement de poursuites judiciaires par les autorités soudanaises contre l’avocate Rehab Mubarak, accusée de « diffusion de fausses informations portant atteinte à la sécurité nationale ». Un mandat d’arrêt a été émis à son encontre, visant à réprimer la propagation de contenus jugés nuisibles aux intérêts de l’État et à l’image de l’armée.

Me Mubarak est membre du Bureau du collectif Emergency Lawyers, engagé dans la documentation des violations des droits humains commises dans le contexte du conflit au Soudan. À ce titre, elle participe activement à la collecte et à la diffusion d’informations relatives aux abus attribués aux différentes parties au conflit, notamment les forces armées et les Forces de Soutien Rapide (Rapid Support Forces – RSF).

Les autorités lui reprochent d’avoir diffusé de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l’ordre public. Des sources indiquent également qu’elle aurait été radiée du Barreau du Soudan pour des « manquements présumés aux règles déontologiques ».

Me Mubarak conteste ces accusations et affirme que les poursuites engagées sont directement liées à ses activités de documentation des violations des droits humains. Elle dénonce une volonté de faire taire les voix critiques et souligne que les avocats et défenseurs engagés sur ces questions font régulièrement l’objet de pressions et d’intimidations depuis le début du conflit.

Les poursuites engagées contre l’avocate constituent une forme de harcèlement judiciaire visant des avocat.e.s engagé.e.s dans la défense des droits humains.

L’Observatoire condamne fermement les poursuites engagées contre Me Rehab Mubarak.

L’Observatoire appelle les autorités soudanaises à garantir la sécurité des avocat.e.s engagé.e.s dans la documentation des violations des droits humains au Soudan, conformément aux principes de la Havane.

L’Observatoire appelle le Barreau du Soudan à réexaminer toute décision disciplinaire dans le respect des garanties d’indépendance, d’équité et du droit à un recours effectif, le cas échéant.

L’Observatoire exhorte le Barreau du Soudan à mettre en place des mécanismes de protection et d’alerte pour les avocats exposés à des risques en raison de leurs activités professionnelles.

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