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Chine : Risque de disparition forcée de l’avocat Chang Weiping

11 février 2020

Chang Weiping est avocat des droits de l’Homme basé à Baoji, dans la province de Shaanxi dans le nord-ouest de la Chine. M. Chang propose des conseils juridiques gratuits à des groupes vulnérables, notamment à des victimes de vaccins défectueux, ainsi qu’à des femmes, des personnes LGBT et des personnes vivant avec le VIH/SIDA et l’hépatite B victimes de discrimination sur le lieu de travail. Il fournit également des conseils juridiques aux pétitionnaires et aux défenseur-ses des droits humains qui sont victimes d’acharnement judiciaire pour avoir exercé légitimement leurs droits humains.

En octobre 2018, les autorités judiciaires de Baoji ont suspendu le cabinet d’avocat et la licence de droit de Chang Weiping. En raison des pressions et de l’ingérence continues des autorités, il n’a pas été en mesure d’obtenir un emploi dans d’autres cabinets d’avocats en 2019. En janvier 2020, les autorités ont officiellement annoncé la suspension de sa licence d’avocat.

Le 12 janvier 2020, M. Chang Weiping, a été arrêté par la police du Shaanxi et placé sous surveillance résidentielle dans un lieu inconnu, sous l’accusation de « subversion du pouvoir de l’État » (article 105(1) du droit pénal chinois), en relation avec une réunion privée organisée par des universitaires, des avocats et des militants des droits de l’homme en décembre 2019 à Xiamen, dans la province du Fujian, pour discuter de la situation de l’État de droit et des droits de l’Homme en Chine.

Le 13 janvier, la licence de M. Chang Weiping pour exercer le droit a été annulée.

Le 21 janvier, M. Chang Weiping a été libéré sous caution en attendant son procès. Néanmoins, il a été prié de quitter sa ville de résidence et a été confiné dans sa maison familiale à Baoji, où il est resté soumis à une surveillance policière stricte, y compris des appels téléphoniques quotidiens et des réunions hebdomadaires avec la police. En outre, il a été empêché de retrouver sa famille.

Le 16 octobre 2020, M. Chang Weiping a publié une déclaration vidéo sur les médias sociaux dénonçant les tortures physiques et psychologiques qu’il avait subies pendant sa détention en janvier 2020, notamment le fait d’être attaché à une « chaise de tigre ».

Le 22 octobre 2020, M. Chang Weiping a été arrêté à son domicile dans le comté de Fengxiang, province de Shaanxi, par des policiers de la ville de Baoji. Plus tard le même jour, la femme de M. Chang Weiping a reçu un appel téléphonique d’un officier de police qui l’a informée que son mari avait été placé sous « surveillance résidentielle dans un lieu désigné ».

Le 26 octobre 2020, le Bureau de la sécurité publique de la ville de Baoji a rejeté deux demandes distinctes présentées par les avocats de M. Chang Weiping pour rencontrer leur client. En outre, l’un des avocats a été informé que M. Chang Weiping était soupçonné de « subversion du pouvoir de l’État » et que l’affaire concernait des « secrets d’État ». Au moment de la publication de cet appel urgent, M. Chang Weiping n’avait pas été formellement inculpé et on ne savait toujours pas où il se trouvait.

 

L’OIAD déplore avec force la criminalisation par les autorités chinoises de toute action en faveur des droits humains.

L’OIAD exprime sa profonde indignation face à cette décision à l’encontre d’un confère ayant dédié sa vie et profession pour le renforcement des droits de l’Homme en Chine.

L’OIAD tient à rappeler aux autorités de la Chine qu’aux termes des Principes de base relatifs au rôle du barreau des Nations Unies (1990) :

« Les pouvoirs publics veillent à ce que les avocats a) puissent s’acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue; […] » (Principe 16).

« Les avocats, comme tous les autres citoyens, doivent jouir de la liberté d’expression, de croyance, d’association et de réunion. En particulier, ils ont le droit de prendre part à des discussions publiques portant sur le droit, l’administration de la justice et la promotion et la protection des droits de l’homme [..] » (Principe 23).