Surendra Gadling

Inde

Inde : Surendra Gadling maintenu en détention prolongée depuis 8 ans

22 avril 2026

 

Me Surendra Gadling est un avocat spécialisé dans la défense des droits humains et des communauté marginalisées, particulièrement Dalit et les peuples indigènes en Inde. Il est maintenu en détention depuis près de huit ans dans le cadre de l’affaire Bhima Koregaon[1]. Il est aujourd’hui le seul accusé encore emprisonné – les quinze autres personnes poursuivies dans cette affaire ont été libérées sous caution.

Arrêté en 2018, Me Gadling fait partie d’un groupe de défenseurs des droits humains poursuivis pour leur implication présumée dans des violences survenues à Bhima Koregaon. Plusieurs organisations estiment que ces poursuites visent en réalité des militants engagés et dénoncent des accusations fallacieuses.

Me Gadling est également poursuivi dans une autre affaire liée à un incendie sur un site minier à Surajgarh. Selon plusieurs avocats, des incohérences auraient été relevées dans la plainte (notamment l’absence d’éléments permettant de le relier directement aux faits).

Dans les deux cas, la principale preuve retenue contre lui est la découverte présumée de documents compromettants trouvés sur son ordinateur. Des experts en investigation numériqueont constaté que ces documents avaient été placés là à l’aide d’un cheval de Troie d’accès à distance dont M. Gadling ignorait l’existence.

Plusieurs organisations d’avocats ont demandé sa libération immédiate et dénoncé l’usage de la loi relative à la prévention des activités illégales (UAPA), jugée particulièrement répressive.

Le maintien en détention prolongée de Me Surendra Gadling soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect du droit à la liberté et à un procès équitable. Il interroge également sur la protection des avocats et des défenseurs des droits humains, en particulier lorsqu’ils sont impliqués dans des affaires sensibles.

L’Observatoire appelle les autorités indiennes à garantir le respect des droits fondamentaux de Me Surendra Gadling, notamment son droit à un procès équitable dans un délai raisonnable.

L’Observatoire rappelle à la République de l’Inde ses obligations en vertu du droit international, notamment les Principes de base des Nations Unies relatifs au rôle du Barreau.

L’Observatoire exhorte la République de l’Inde à se conformer aux obligations du Pacte international relatifs aux droits civils et politiques, dont l’article 14§3 dispose que : « Toute personne accusée d’une infraction pénale a droit, en pleine égalité, au moins aux garanties suivantes: (…) b) A disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense et à communiquer avec le conseil de son choix; c) A être jugée sans retard excessif (…) ».

 

[1] Les violences de Bhima Koregan, qui se sont produites le 1er janvier 2018 lors de la commémoration du bicentenaire d’une bataille de Koregaon Bhima, remportée par les Dalits contre les Peshwas (dirigeants de caste supérieure).

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