Guillermo García

El Salvador

El Salvador : Inquiétudes face aux pratiques de surveillance et d’intimidation à l’encontre de l’avocat Guillermo García

27 juillet 2026

Guillermo García est un avocat salvadorien qui a travaillé pendant plus de 23 ans au sein du Bureau du procureur pour la défense des droits humains (PDDH) et qui a été licencié illégalement et arbitrairement en 2024, aux côtés d’autres confrères et consœurs. Depuis lors, il assure la défense de personnes considérées comme des prisonniers politiques, notamment des membres de l’Alliance des vétérans et du responsable culturel et syndicaliste Sabino Ramos, qui a recouvré sa liberté en avril 2026 après avoir passé quatre ans en détention dans le cadre de l’état d’urgence.

Depuis février 2025, l’avocat fait l’objet de divers actes de surveillance, de filature et d’intimidation qui coïncident avec l’exercice de son activité professionnelle et de sa défense des droits humains.

Le 13 février 2025, dans le cadre de la défense d’anciens employés du Bureau du procureur pour la défense des droits humains licenciés en 2024, alors qu’il se rendait sur place pour déposer une plainte, il a constaté pour la première fois qu’il faisait l’objet d’une filature de la part des services de renseignement de la police.

Le 22 avril 2026, après avoir participé à une manifestation pour exiger la libération de son client Sabino Ramos, détenu au centre pénitentiaire d’Usulutan, l’avocat a été suivi par un pick-up appartenant à la Police nationale civile. Une fois remis en liberté, Sabino Ramos a dénoncé publiquement les agressions subies au cours des quatre années qu’il a passées en détention dans le cadre de l’état d’exception. La prise en charge d’une affaire de cette nature renforce les inquiétudes quant à la situation de l’avocat, en particulier dans un contexte où des actes de surveillance et de criminalisation à l’encontre de professionnels défendant des personnes détenues sous ce régime ont été documentés.

Le 25 juin 2026, des agents de la Police nationale civile se sont présentés au domicile de l’avocat pour s’enquérir d’une personne qui ne résidait pas à cette adresse. Ils sont ensuite restés devant l’immeuble pour prendre des photos du logement et de son véhicule. Selon les informations reçues, ce type d’actions s’inscrit dans un schéma de surveillance et d’intimidation consistant à utiliser des prétextes pour tenter de faire sortir la personne de son domicile et faciliter une éventuelle arrestation. La collecte systématique d’images d’avocats et de défenseurs des droits de l’homme est particulièrement préoccupante en raison du risque qu’elles soient par la suite utilisées pour étayer des montages judiciaires ou des accusations infondées, comme cela a été dénoncé dans d’autres cas récents de criminalisation de la profession d’avocat au Salvador, notamment ceux de Ruth López et Enrique Anaya.

Le 21 juillet 2026, alors qu’il assurait la défense de Sabino Ramos dans le cadre d’une procédure administrative devant la mairie de San Salvador Sur visant à demander sa réintégration professionnelle, l’avocat a de nouveau constaté la présence de quatre agents de police en civil qui photographiaient le déroulement de son intervention professionnelle.

Ces faits s’inscrivent dans un contexte de harcèlement croissant à l’encontre des avocats et avocates qui représentent des personnes détenues dans le cadre de l’état d’exception et qui défendent les droits humains au Salvador. Les épisodes de surveillance dénoncés par Guillermo García présentent des similitudes avec d’autres cas documentés de criminalisation des professionnels du droit, ce qui renforce l’inquiétude quant à l’existence d’une stratégie d’intimidation visant ceux qui assurent la défense de personnes considérées comme des opposants ou des prisonniers politiques.

L’Observatoire exprime sa profonde préoccupation face aux actes de surveillance, de suivi et d’intimidation dénoncés à l’encontre de l’avocat Guillermo García en raison de l’exercice de sa profession et de son travail en faveur de la défense des droits humains.

L’Observatoire exhorte les autorités salvadoriennes à garantir que les avocats et avocates puissent exercer librement leur profession, sans faire l’objet de surveillance, d’intimidation, de représailles ou de toute autre forme d’ingérence du fait de la défense de leurs clients.

L’Observatoire rappelle également sa demande de libération immédiate des avocats Ruth López et Enrique Anaya, dont la privation de liberté a déjà été dénoncée par cette organisation et constitue un exemple grave du processus de criminalisation qui touche la profession d’avocat indépendant au Salvador.

De même, l’Observatoire exhorte les autorités salvadoriennes à mettre fin à toute forme de harcèlement, d’intimidation, de criminalisation ou de violence à l’encontre des avocats et des défenseurs des droits de l’homme dans l’exercice de leurs fonctions, conformément aux Principes fondamentaux des Nations Unies relatifs au rôle des avocats.

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